Depuis le début de l’ère spatiale, 11 Français (Jean‑Loup Chrétien, Patrick Baudry, Michel Tognini, Jean‑Pierre Haigneré, Jean‑François Clervoy, Jean‑Jacques Favier, Claudie Haigneré, Léopold Eyharts, Philippe Perrin, Thomas Pesquet et Sophie Adenot) ont eu l’opportunité de devenir astronautes et de participer à des missions dans l’espace, faisant rayonner la France sur la scène internationale. Ces astronautes proviennent de profils variés : pilotes de l’armée de l’air, ingénieurs, médecins ou scientifiques.

Parmi eux, certains ont participé à des vols emblématiques à bord de la navette spatiale américaine ou de la Station spatiale internationale, accomplissant des missions de recherche scientifique, d’observation de la Terre ou de maintenance des modules en orbite. Leurs contributions ont permis à la France et à l’Europe de se positionner comme des acteurs majeurs de l’exploration spatiale.

Aujourd’hui, Sophie Adenot représente la dernière génération de ces astronautes français. Avec sa mission εpsilon à bord de la Station spatiale internationale, elle rejoint cet héritage de pionniers et ouvre la voie à de futures explorations scientifiques et technologiques.

Chacun de ces 11 astronautes a contribué à faire progresser la connaissance de l’espace, à renforcer la collaboration internationale et à inspirer les nouvelles générations à poursuivre le rêve de voyager au-delà de notre planète.

Jean Loup Chretien - Station Saliout 7

  • Date / Mission : 1982 / Soyouz T‑6 « PVH » (Première Vol Habité).
  • Destination : Station spatiale soviétique Saliout 7.
  • Autres vols : Mission « Aragatz » (Station Mir, 1988), STS‑86 (Station Mir, 1997).

 

Premier Français dans l’espace (trois vols). Après deux années d’entraînement à la Cité des étoiles près de Moscou pour la mission franco-soviétique PVH (Premier Vol Habité), Jean-Loup Chrétien réalise du 25 juin au 2 juillet 1982 le premier vol habité français dans le cadre d’une coopération avec l’URSS. 

À bord du vaisseau Soyouz T-6, il rejoint la station spatiale Saliout 7, laboratoire orbital soviétique dédié aux expériences scientifiques en microgravité. Il est ingénieur de bord et mène en orbite neuf expériences en médecine, biologie, astronomie et science des matériaux. Il devient ainsi le premier Français et le premier Européen de l’Ouest dans l’espace.
(Credit ROSCOSMOS)

Patrick Baudry - Navette Discovery

  • Date / Mission : 1985 / STS‑51‑G (Navette Discovery).
  • Destination : Navette spatiale américaine Discovery.
  • Première participation française sur une navette américaine.

Patrick Baudry à bord de la navette Discovery pour la mission STS-51-G. Lancée le 17 juin 1985 depuis le centre spatial Kennedy en Floride, après plusieurs reports, cette mission visait notamment à réaliser des expériences mais aussi à déployer et tester plusieurs satellites de télécommunications, ainsi qu’à démontrer la capacité de la navette spatiale à conduire des missions scientifiques variées avec des équipages internationaux. 

Patrick Baudry y était le spécialiste de charge utile durant ce premier vol spatial franco-américain. La mission se termine le 24 juin avec l’atterrissage sur la base d’Edwards en Californie. Il devient ainsi le deuxième astronaute français dans l’espace, après Jean-Loup Chrétien en 1982.
(Crédit NASA)

Michel Tognini - Station Mir

  • Date / Mission : 1992 / « Antarès » (Soyouz TM‑15).
  • Destination : Station spatiale russe Mir.
  • Autre mission : 1999 / STS‑93 (Navette Columbia).
  • Deux vols, missions franco‑russe et NASA. 

Michel Tognini à bord de la station spatiale Mir lors de la mission Soyouz TM-15 lancée en juillet 1992 depuis Baïkonour. 

Pendant ces deux semaines passées dans l’espace, il s’intègre au quotidien de l’équipage et contribue directement au programme scientifique de Mir, avant de quitter la station avec Soyouz TM-14, laissant d’autres cosmonautes poursuivre la mission.
(Crédit ROSCOSMOS)

Jean Pierre Haigneré - Station Mir

  • Date / Mission : 1993 / « Altaïr » (Soyouz TM‑17).
  • Destination : Station spatiale russe Mir.
  • Autre mission : 1999 / « Perséus » (Station Mir).
  • Long séjour en orbite et sortie extravéhiculaire. 

Jean Pierre Haigneré à bord de la station spatiale Mir. Cette station soviétique (puis russe) est mise en orbite en 1986 et restée habitée de façon quasi continue jusqu’en 2001, avant d’être désorbitée et détruite dans l’atmosphère. 

Elle est surtout connue pour être la première station spatiale modulaire de l’histoire, c’est-à-dire une station construite progressivement en orbite par l’ajout successif de plusieurs modules spécialisés reliés entre eux. Au fil de son exploitation, Mir est devenue un symbole de la coopération spatiale internationale, accueillant des astronautes de nombreux pays, notamment dans le cadre de missions franco-soviétiques.
(Crédit ROSCOMOS)

Jean-François Clervoy - Navette Discovery

  • Date / Mission : 1994 / STS‑66 (Navette Atlantis).
  • Destination : Navette spatiale américaine Atlantis.
  • Autres missions : STS‑84 (Station Mir, 1997), STS‑103 (Navette Discovery, 1999).
  • Trois missions avec la NASA. 

Jean-François Clervoy à bord de la navette Discovery lors de la mission STS-103 en décembre 1999. Cette mission est dédiée à la maintenance du télescope spatial Hubble. L’objectif principal de la mission STS-103 est de réparer et améliorer Hubble afin de prolonger son fonctionnement et garantir la qualité de ses observations astronomiques. En tant que spécialiste de mission, Jean-Jacques Clervoy joue un rôle essentiel dans la manipulation du bras robotique de la navette, utilisé pour capturer puis repositionner le télescope. Il assiste également les astronautes lors des sorties extravéhiculaires en coordonnant les opérations depuis l’intérieur de la navette. 
(Crédit NASA)

 

Jean-Jacques Favier - Navette Columbia

  • Date / Mission : 1996 / STS‑78 (Navette Columbia).
  • Destination : Navette spatiale américaine Columbia
  • Mission scientifique de 16 jours. 

Jean-Jacques Favier à bord du laboratoire européen Spacelab durant la mission STS-78. Il participe à un vol qui se déroule du 20 juin au 7 juillet 1996. Cette mission, appelée Life and Microgravity Spacelab (LMS), a pour objectif spécifique d’étudier les effets de la microgravité sur le corps humain et sur les matériaux. Les astronautes travaillent ainsi dans Spacelab, un laboratoire scientifique installé dans la soute de la navette spatiale, conçu pour réaliser des expériences en orbite. Grâce à cet espace aménagé comme un véritable laboratoire, ils peuvent mener en continu de nombreuses recherches. En tant que spécialiste de charge utile, Jean-Jacques Favier s’occupe de mettre en œuvre les expériences, manipuler les équipements et collecter les données scientifiques. 
(Crédit NASA)

 

Claudie Haigneré - ISS

  • Date / Mission : 1996 / « Cassiopée » (Soyouz TM‑24).
  • Destination : Station spatiale russe Mir.
  • Autre mission : « Andromède » (Station Spatiale Internationale ; ISS, 2001).
  • Première femme française dans l’espace. 

Claudie Haigneré à bord de la Station spatiale internationale durant la mission Andromède, qui se déroule du 21 au 31 octobre 2001. Durant cette mission franco-russe,  elle mène plusieurs expériences en biologie et en physiologie humaine afin d’étudier les effets de l’espace sur le corps humain. Première astronaute française, Claudie Haigneré devient aussi la première française à séjourner à bord de la Station spatiale internationale.
(Crédit CNESS)

 

Leopold Eyharts - ISS

  • Date / Mission : 1998 / Soyouz TM‑27.
  • Destination : Station spatiale russe Mir.
  • Autre mission : STS‑122 (Station Spatiale Internationale ; ISS, 2008).
  • Deux vols dont un vers l’ISS. 

Léopold Eyharts à bord du module Columbus de l’ISS. Il participe à une mission importante pour l’Agence spatiale européenne : Le 7 février 2008, il décolle à bord de la navette Atlantis pour la mission STS-122 et rejoint l’ISS. Sa mission principale consiste à installer le laboratoire européen Columbus. Il devient le premier astronaute à y entrer et exprime sa fierté et sa reconnaissance envers toutes les personnes ayant contribué à sa réalisation : « Nous avons une pensée spéciale, à ce moment, pour toutes les personnes en Europe et aux États-Unis qui ont contribué à la réalisation de Columbus. Je veux parler des agences spatiales, de l'industrie mais aussi de tous les citoyens qui soutiennent le vol spatial. Je suis très fier d'être ici et d'entrer pour la première fois dans Columbus ».
(Crédit NASA)

 

Philippe Perrin - ISS

  • Date / Mission : 2002 / STS‑111 (Navette Endeavour).
  • Destination : Station spatiale internationale (ISS).
  • Sorties extravéhiculaires pour l’installation d’équipements de l’ISS. 

Philippe Perrin à bord de l’ISS lors de la mission STS-111. Il séjourne dans l’ISS du 5 au 19 juin 2002. Au cours des 332 heures passées dans l’espace, il effectue trois sorties extravéhiculaires d’une durée totale de 19 h et 31 min avec Franklin Chang-Díaz pour installer sur la station une base mobile utilisée par le bras robotique Canadarm (plateforme sur laquelle le bras robotique peut se déplacer le long de la structure de l’ISS).
(Crédit NASA)

 

Thomas Pesquet - ISS

  • Date / Mission : 2016–2017 / « Proxima » (Soyouz MS‑03).
  • Destination : Station spatiale internationale (ISS).
  • Autre mission : « Alpha » (Station Spatiale Internationale ; ISS, 2021).
  • Commandant de bord de l’ISS et record de durée cumulée française.  

Thomas Pesquet à bord de l’ISS lors de la mission Alpha en 2021, où il occupe un rôle historique pour la France et pour l’Agence spatiale européenne : Commandant de bord ! Une grande première car aucun astronaute français avant lui, comme Claudie Haigneré, Léopold Eyharts ou Philippe Perrin, n’avait eu la chance de commander la Station spatiale internationale. Ce rôle consiste à établir une hiérarchie entre les membres de l’équipage, à coordonner les astronautes et à suivre leurs activités selon le planning. Il supervise aussi les moments importants du quotidien à bord, comme les sorties extravéhiculaires ou l’arrivée des navettes. Il dit : « Être aux commandes de la Station spatiale internationale implique de veiller à ce que chaque membre de l’équipage comprenne son rôle et contribue au mieux de ses capacités afin de fournir des performances optimales en équipe ».
(Crédit NASA)

 

Sophie Adenot - ISS

  • Date / Mission : 2026 / « εpsilon » (Crew-12).
  • Destination : Station spatiale internationale (ISS).
  • Onzième astronaute français et deuxième française dans l’espace.

Sophie Adenot à bord de l’ISS pour l’expérience Echofinder. Cette expérience s'attaque à un défi majeur pour l'avenir de l'exploration spatiale humaine : comment les astronautes peuvent réaliser des échographies fiables sans formation médicale et sans l'assistance en temps réel d'un médecin. Conçu pour les missions futures, EchoFinder permet de pallier les situations où les délais de communication rendent impossible une assistance en temps réel. Cette technologie est également prometteuse sur Terre, notamment pour une utilisation à bord de navires, de sous-marins ou dans des régions isolées sans accès immédiat à une expertise médicale.. 
(Crédit NASA)

 

Le saviez-vous ?

Le PPK (Personal Preference Kit) est une petite trousse personnelle que chaque astronaute peut emporter à bord de la Station spatiale internationale. Il est strictement limité à environ 1 à 2 kg d’effets personnels, à cause des contraintes de masse et d’espace dans les vaisseaux spatiaux. Ces effets personnels permettent aux astronautes de garder un lien émotionnel avec la Terre pendant leur mission. Il contribue aussi à leur bien-être psychologique et d’avoir des objets familiers dans un environnement isolé. Le PPK contient généralement des photos de famille, de petits souvenirs personnels, des objets symboliques, des mascottes ou peluches … 
Sophie Adenot s’est vu découvrir dans son paquetage une peluche d’hélicoptère, en lien avec son expérience de pilote, cachée et offerte par les équipes d’Airbus Helicopters (« c’était une belle surprise ! »). Thomas Pesquet a eu quant à lui la surprise de recevoir pour son anniversaire, le 27 février 2016, son saxophone acheminé précédemment par cargo ravitailleur avec la complicité de la NASA. « Ma compagne faisait partie du complot. Les gens du centre de contrôle à Houston l'ont dissimulé. Il a été chargé dans le véhicule cargo sans que je ne sache rien. Même dans la liste de tout ce qu'il y a dans le véhicule cargo, le nom a été maquillé pour ne pas que je le vois. C'était vraiment super sympa ».